Petit historique du Scriptorium de Toulouse, de 1968 à 2005

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Petit historique du Scriptorium de Toulouse, de 1968 à 2005
Extrait de http://www.culturesfrance.com/adpf-publi/folio/lettres/08.html
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Scriptorium de Toulouse par Bernard Arin, directeur

Créé en 1968 par André Vernette & assisté, durant les deux premières années de sa création, par Bernard Arin. L'atelier s'est tout de suite destiné à restaurer l'enseignement de la lettre dans le cadre de l'école des beaux-arts locale.

Dès la première année de sa création, trois de ses élèves obtiennent le prix du Concours général des arts plastiques & des arts appliqués. En 1969, il est présenté aux Rencontres internationales de Lure. L'année suivante, Charles Peignot lui rend visite pour le reconnaître. Très rapidement spécialisé dans le dessin de lettres du type transfert pour les sociétés Mécanorma & Letraset. Grâce à ses productions, le Scriptorium de Toulouse connaît les honneurs de nombreux prix en France & à l'étranger. Les résultats obtenus par les élèves sont couronnés par l'attribution du Prix des graphistes en 1973 & par le prix de l'innovation Mécanorma. Dans le domaine de la calligraphie, Claude Médiavilla, qui est à la pointe du renouveau calligraphique en France, est un pur produit de cet Atelier.

Vétiver

Vétiver Marie-Aline Pavard 1990.

Bernard Arin en prend la responsabilité en 1982. De nouveaux succès sont obtenus par le Scriptorium de Toulouse. Franck Jalleau (également ancien élève de Ladislas Mandel & de José Mendoza à l'Atelier national de création typographique) est le digne représentant de cette nouvelle vague. Considéré plus tard, par les instances ministérielles, comme trop professionnel, le Scriptorium de Toulouse ferme en 1985.

Romane

Romane Séverine Hameau 1994

Bernard Arin le relance d'une façon privée en 1987. L'encadrement est soutenu par l'intervention de Rodolphe Giuglardo. Sa pédagogie intègre les bases fondamentales indispensables aux professions futures. L'étudiant se détermine au cours d'un cursus de quatre années & sa spécialité s'appuie toujours sur les bases éprouvées de l'écriture, de la calligraphie, du dessin typographique & de la composition. Son attitude est à la fois professionnelle face aux problèmes posés & personnelle dans la manière de l'aborder. Il s'agit de donner aux étudiants une conscience authentique & des aptitudes à une profession future. En ce qui concerne la spécialité du dessin typographique, la création repose tout naturellement sur la connaissance approfondie de la paléographie & de l'écriture directe.

Depuis 1992, & grâce à la visite de Denis Lefèvre, une recherche est entreprise en phonographie pour l'amélioration de la lisibilité d'un caractère.

Lieve Cornil

Lieve Cornil 1996

Conditions d'admission

Le recrutement a lieu après réception d'une lettre de motivation, suivie d'un entretien & présentation de dossier devant le corps enseignant avant la fin du mois de juin. Les frais de scolarité s'élévent à 18 000 f l'année, à raison de 16 heures de cours hebdomadaires & 9 heures de dessin. Des stages ponctuels sont également organisés dont le contenu est à définir d'un commun accord, le tarif est de 650 f la semaine.

246, chemin de Tournefeuille
F-31300 Toulouse
T 05 61 49 20 09 - F 05 61 49 20 09

Prix obtenus par les élèves de l'Atelier

  • 1987
    Thierry Puyfoulhoux
    Premier prix innovation Mécanorma

  • 1989
    Marie-Aline Pavard
    Premier prix Concours national de calligraphie Art pen

    Marie-Aline Pavard
    Premier prix de création typographique Berthold

  • 1994
    Séverine Hameau
    Caractère Romane
    Premier prix de création typographique
    Catégorie labeur Linotype Hell
    Allemagne

Prix obtenus hors Atelier pard'anciens élèves

  • 1987
    Franck Jalleau Anct
    caractère Arin
    Prix Frutiger Award Morisawa

  • 1988
    Franck Jalleau
    Prix national des graphistes

  • 1991
    François Guibert
    Prix Bleustein-Blanchet

  • 1992
    François Guibert
    Premier prix Eucréa
    Premier prix Setaa

  • 1996
    Franck Jalleau
    Caractère Scripto
    Premier prix écriture latine Morisawa

  • 1997
    Rodolphe Giuglardo
    Meilleur ouvrier de France
    Catégorie Création de caractères

A lire également :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Scriptorium_de_Toulouse

Scriptorium de Toulouse

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L'école des Beaux-Arts de Toulouse, siège du Scriptorium de 1968 à 1987

Le Scriptorium de Toulouse est un atelier d'enseignement qui a assuré, entre 1968 et 1986 à l'École des Beaux-Arts de Toulouse, puis de 1987 à 2005 en tant qu'établissement indépendant, la formation de nombreux créateurs en typographie et calligraphie.

Créé à la demande de Joseph Andrau, directeur de l'École des Beaux-Arts de Toulouse, l'atelier d'Art graphique est dirigé par André Vernette, qui applique l'enseignement de René Munsch, basé sur la géométrie. Il est assisté par Bernard Arin.

Dès ses débuts, l'atelier d'Art graphique, devenu Scriptorium de Toulouse, obtient de grands succès. Une exposition conjointe avec un atelier allemand est organisée au Centre culturel de la ville de Toulouse.

Le Scriptorium présente trois candidats au Concours général des arts plastiques et des arts appliqués, présidé par Roger Excoffon, et les trois, François Boltana, Chavard et Dupuy reçoivent le prix. En 1969, il est aux Rencontres internationales de Lure. La visite de Charles Peignot consacre son importance dans le monde de la typographie.

Bernard Arin oriente ensuite l'enseignement vers une approche plus calligraphique. Parmi les étudiants du Scriptorium, nombreux sont ceux qui se sont assuré une grande notoriété comme calligraphes et créateurs de typographies, comme Claude Mediavilla, principal artisan du renouveau de la calligraphie en France.

Les débuts du scriptorium correspondent au grand développement des caractères transfert, représentés par les sociétés Letraset et Mécanorma. De nombreuses polices sont créées par ses élèves. Le Scriptorium reçoit le Prix des graphistes en 1973, et le Prix de l'Innovation Mécanorma. Des générations successives d'élèves confirment ces succès : Franck Jalleau. Rodolphe Giuglardo et Éric Valat, outre leur formation calligraphique, sont aussi sculpteurs et ouvrent de nouveaux horizons vers la gravure lapidaire. Le Scriptorium tendant à devenir une « école dans l'école », sa suppression est envisagée. Il redevient Atelier d'Art graphique, puis est supprimé en 1986. En 1987, Bernard Arin décide de le reprendre à son compte. Le Scriptorium s'installe chez lui, à Tournefeuille. Rodolphe Giuglardo rejoint l'équipe enseignante. En 2005, Bernard Arin prend sa retraite. Faute de continuateur, le Scriptorium cesse d'exister. Il aura contribué à faire de la typographie française une des meilleures du monde.

Anciens élèves du Scriptorium [modifier]

Prix obtenus hors Atelier :

  • Franck Jalleau, caractère Arin, prix Frutiger, Award Morisawa (1987), prix national des graphistes (1988), caractère Scripto, premier prix écriture latine Morisawa (1996)
  • François Guibert, prix Bleustein-Blanchet (1991), premier prix Eucréa, premier prix Setaa (1992)
  • Rodolphe Giuglardo, meilleur ouvrier de France, catégorie Création de caractères (1997)

A lire également, plus intimiste (et selon certains, avec quelques approximations) et qui date de 1986 :
http://thot-arqa.org/graphos/webzine/webzine_no1.html#histoire_scripto


Document pour servir à l’Histoire du
Scriptorium de Toulouse


En 1986, dix ans avant la publication à l’Imprimerie Nationale de l’ouvrage Calligraphie de Claude Médiavilla, à notre demande, Bernard Arin actuel directeur du Scriptorium de Toulouse, nous confiait un document manuscrit retraçant l’histoire de ce même scriptorium depuis sa fondation en 1968.

À l’heure où le Scriptorium de Toulouse connaît un essor important et une notoriété justifiée, et où les plus belles pages de l’histoire de la Calligraphie latine française restent à écrire, tant sont embrouillées voire oubliées les heures glorieuses où le mot « calligraphie » n’évoquait encore dans l’inconscient collectif que des réminiscences scolaires et encore… et où le petit nombre de calligraphes d’alors considéraient leur travail comme un labeur, nous avons décidé de publier ces quelques notes afin que la mémoire n’oublie pas.
TEG / Graphos © (janvier 2003)

Histoire du Scriptorium de Toulouse

1968

Le directeur de l’époque (1), Joseph Audran, demande à monsieur André Vernet de créer un atelier d’Art Graphique. André Vernet successivement professeur de dessin, de décoration… a mis au point un cours d’Art graphique en s’inspirant des cours de René Munsch (2). Ce cours avait pour base « la Géométrie ». Avec la création du Scriptorium, je suis nommé « assistant » étant depuis peu titulaire d’un poste d’Art Graphique. Cette année là, François Boltana, Chavard, Dupuy, concourent au Prix de Création d’Abécédaires patronné par Excoffon. Ils obtiennent tous les trois le Premier Prix.
Claude Médiavilla part à Paris…

1969

Monsieur Vernet tombe malade et me charge de préparer avec les élèves une exposition, avec une école allemande, au centre culturel de la ville de Toulouse. Il me charge également de présenter une exposition de travaux faits durant l’année, à Lure.
Cette année là, nous nous sommes tous rendus à Lure, monsieur Vernet compris.
À cette occasion, j’ai longtemps discuté de pédagogie avec Ladislas Mandel et Roger Smith.
Cette discussion m’a amené a abandonner la Géométrie pour me consacrer à la Calligraphie.

1970

L’ Atelier, grâce à la Calligraphie, obtient de grands succès auprès des directeurs de Lettres Transfert, François Boltana obtient le 2e Prix de créations mondiales de lettres transfert.
Roger Excoffon se propose de nous parrainer. Hollenstein fait travailler François Boltana.

1971

Je pars de l’Atelier que je trouve trop spécialisé en créations de lettres transfert.
Je rentre à l’atelier de Graphisme publicitaire étant professionnellement graphiste à l’époque. Le Scriptorium continue la route tracée par André Vernet. Il obtient le prix d’Art Graphique délivré par les Compagnons de Lure, pour la qualité de ses productions.

1974

L’Atelier d’Art Graphique ferme ses portes fautes de recrues valables.

1982

Je reprends l’Atelier d’Art Graphique sur de nouvelles bases et j’étends l’enseignement à tous les domaines de l’Écrit, Calligraphie, Dessin typographique, Mise en Page, et même gravure lapidaire grâce à Franck Jalleau et Éric Valat.

1984

Mon ancien associé nommé directeur ferme l’Atelier sous la pression de la réforme.
Je me bats et vais chercher l’appui des Lursiens, Mandel, Mendoza, Peignot, Blanchard, Smith, … Gérard Blanchard m’appuie vivement.

1986

L’Atelier d’Art Graphique réouvre ses portes à la condition que l’on supprime le nom du Scriptorium de Toulouse. (…) À l’heure actuelle l’atelier est relancé et nous avons 10 inscrits.
Je peux recevoir des stagiaires. Tout va bien !…

Bernard Arin, Toulouse, 1986. (archives Graphos ©)

(1) De l’école des Beaux-Arts de Toulouse. (NdLR)

(2) René Henri Munsch, né en 1894, fut professeur honoraire au Lycée Technique Estienne, à l’Ecole Normale Technique et à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs. Grâce à lui, la calligraphie obtint ses « lettres » de noblesse, car réapprise à nouveau dans les écoles d’art dans les années 1960 / 1970. (NdLR)

Portrait de jean frederic crevon
A rejoint: 11/05/2006
Ville: Toulouse (31)

Bonjour,

Il y a une petite contradiction dans les dates entre le début et la fin du message précédent (qui puise à plusieurs sources différentes, il est vrai). Le Scriptorium n'a pas fermé en 1986, c'est l'année où j'y suis entré. Peut-être faudrait-il corriger les erreurs et faire une vraie synthèse de ces sources. Ce qui est exact dans le post est la citation suivante de Bernard Arin :

" 1986 : L’Atelier d’Art Graphique réouvre ses portes à la condition que l’on supprime le nom du Scriptorium de Toulouse."

En fait, l'atelier était encore aux beaux-arts de Toulouse à cette époque et après avoir fermé il venait de réouvrir. J'y suis arrivé en fin d'année scolaire 85/86. Je me souviens qu'Arin m'avait fait travailler le dessin de la romaine et ce furent les congés d'été, fin juin 1986. L'année scolaire 86/87 s'est bien déroulée, mais en mai ou juin 1987 nous avons appris que nous devions tous intégrer le cursus classique des beaux-arts à la rentrée suivante. Et ce n'est qu'en 1988 (voire 1989) que Bernard Arin a monté l'atelier chez lui à Tournefeuille. J'ai lu dans le poste précédent que Rodolphe a enseigné au Scriptorium dés 1987 : ce n'est pas possible, il était encore élève d'Arin. Il est ensuite parti deux ans à l'ANCT (atelier de création typo de l'imprimerie nationale) et ce n'est qu'à son retour qu'Arin lui a demandé de le seconder...

Jef

Portrait de zeshadok
A rejoint: 01/01/2006
Ville: Périgueux, Dordogne, France

Rodolphe Giuglardi dit :
Superbe article. J'ai été intervenant en dessin de caractères typographiques et mise en page de 1992 (après ma formation de taille de pierre) à 2002. Jef à raison.
Rodolphe