préparer la surface du parchemin

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Portrait de shandra
A rejoint: 13/01/2007
préparer la surface du parchemin

Voici une synthèse des différentes possibilités pour préparer la surface du parchemin :Dixit Beate, Behydezell, Marc, Gorlim, L’Enlumin’Heure, Alkbazz:

Si la surface  pose problème (grains trop prononcés ou surface trop lisse, voire un peu grasse) vous pouvez « l'adoucir »en la ponçant avec un papier de verre très fin, ou/et de la ponce soie (c’est une poudre homogène qui ne crée pas de rayures intempestives).

Il vaut mieux éviter le mélange gomme sandaraque+ponce de soie, des micro rayures risquent d’apparaître aux endroits à grains trop prononcés.

Le résultat dépendra aussi du parchemin dont la surface peut être plus ou moins fragile et de votre préférence visuelle et sensitive. Le ponçage peut sembler "abîmer" une surface au grain lisse et satinée, mais crée une petite accroche veloutée pour le travail.

Quand le parchemin est particulièrement rugueux il faut quelquefois insister davantage pour dépasser les premières micro-rayures et "aplanir" la surface mais il peut arriver que cet aspect se trouve sur les flancs où la peau est particulièrement fine.

Il est possible de poncer jusqu'à la "peau de pêche" si le parchemin et le travail s'y prêtent.

En observant les manuscrits il m'a semblé qu'il n'y avait pas de règles véritables. On trouve un peu tous les aspects.

Actuellement le parchemin est souvent "glacé" en fin de préparation par un passage d'eau et de (?) qui enlève les résidus de craie, et rend la fleur toute brillante.

Tout  comme pour le papier certains préfèreront une surface lisse, d'autre non et comme tout ce qui est médiéval, il ne doit pas y avoir une mais des façons de faire...
Pour la gomme de sandaraque, il vaut mieux la passer indépendamment de la ponce soie à la fin du ponçage. C'est plus facile à maîtriser et rend l’écriture « confortable ». Il faut l’ôter après le travail (sur papier, elle jaunissait avec le temps). C'est efficace sur des parchemins gras. Par contre, il ne faut pas en mettre de trop sinon la plume demande un nettoyage régulier sous peine de bavure. Surtout si l'on écrit en petit.


Il semblerait que la gomme sandaraque ait été utilisée depuis la plus haute antiquité comme media pour peindre. C’était apparemment utilisé pour la peinture sur mur par les Egyptiens (3000 av J.C) ou un peu plus récemment (3ème siècle) par les Grecs et Byzantins pour peindre sur bois ou céramique.

 Son utilisation en tant que "sous-couche" pour améliorer les surfaces destinées à l'écriture serait assez récente, aux environs du 16ème siècle, et concernait d'abord le papier et non le parchemin.

Pour  la préparation des parchemins du commerce, j'utilise un sac de toile plein de poudre de prêle.
Avant de le poncer, je passe un alcool au coton
Il peut arriver que j'utilise également un bouche-pores genre blanc de Meudon (en fait CaCO3 plus fin) avec du fiel par ex
la sandaraque : moi je l'utilise beaucoup en peinture, pour des travaux du type flamand, elle est la meilleure résine dure à mon goût, le copal étant trop lisse et l'ambre peu pratique. effectivement en sous-couche ou première couche sur des travaux à l'huile...
je l'utilise en mélange pyrolysé à l'huile avec un peu de résine de pin...

Le blanc de Meudon sert à polir le parchemin sans le rayer.
On le mélange à de l'os de seiche et on réduit tout çà en poudre très fine.

Et surtout cela ne tache pas le parchemin qui reste bien blanc.

J'ai essayé une fois avec du papier de verre très fin.
Question polissage c'est très efficace, mais les grains foncés du papier se prennent dans les pores du parchemin et le tache !

Portrait de Dame Chlodyne de Lyon
A rejoint: 19/06/2012
Ville: Lyon

C'est très instructif !

J'ai trouvé dans le texte de Giovambattista Palatino (Libro nel qual s'insegna a scrivere ogni sorte lettera..., 1540), une mention de la poudre avec laquelle on prépare le parchemin. Il l'appelle le vernice et se compose de coquilles d'oeuf et d'encens. Peut-on voir dans l'encens, la sandaraque ?
Il préconise aussi de passer cette poudre avec un pied de lièvre. J'en ai récupéré trois de pattes et le bout est tout velu et très doux.

Dans un stage d'enluminure, la prof utilisait pour préparer le parchemin, un mélange de sandaraque, de coquilles d'oeuf et d'os de seiche. Quelqu'un sait d'où vient cette recette ?

Merci

Peintre d'imageries médiévales
http://www.claudinebrunon.com/
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