Le vert de gris

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Anonyme (non vérifié)
Le vert de gris

J'ai recemment melangé du vinaigre avec un morceau de cuivre. Après quelques semaines, j'obtient d'après la recette, du vert de gris. Mais la recette ne presise pas

si le pigment peut être utilisé brut ou s'il doit subir un "traitement" avant d'être appliqué avec de la gomme arabique. Quelqu'un peut il me renseigner sur le sujet.

De plus, exixte t il d'autres methodes, que je qualifirais de "simples"

pour obtenir des pigments ?

Portrait de Cinabre
A rejoint: 14/02/2004
Ville: Cholet

Et hop! une recette de fabrication du vert de gris

LE VERT-DE-GRIS.
Le vert-de-gris est un acétate basique de cuivre hydraté, formé en proportions très variables de deux sels différents
Le vert-de-gris était connu des Grecs et des Romains, qui le préparaient en faisant dissoudre des lames de cuivre dans du vinaigre.
Vitruve le signale comme couleur.
Il est certain que les premiers verts employés par les peintres de l'antiquité étaient obtenus avec des composés de cuivre. Davy a indiqué la présence de ce métal dans les peintures des salles de. bains de Titus, sur des ruines provenant des monuments de Casus Sextius et sur des fragments de la Noce Aldobrandine.
La préparation de ce produit repose sur la propriété que possède le cuivre d'être oxydé par l'oxygène de l'air, sous l'influence des vapeurs d'acide acétique, puis de former un sel, l'acétate de cuivre. Voici, à quelques variantes près, le procédé suivi à Montpellier.
Autrefois, on employait la grappe du raisin pour produire l'acide acétique, mais depuis 1777, elle a été remplacée parle marc de raisin, qui fournit les mêmes résultats, et dont la valeur est à peu près nulle.
Le cuivre et le marc de raisin, avant d'être mis en contact, ont besoin de subir, de la part de l'opérateur, diverses préparations. préliminaires qui ont pour but, soit de hâter la fabrication, soit d'obtenir un produit de belle qualité.
Ainsi, le cuivre doit être réduit en lames de 2 à 3 millimètres d'épaisseur environ, et fortement écroui, pour qu'il ne s'écaille pas après le premier ou le second grattage. Lorsqu'il est poli, les vapeurs acides ne l'attaquent pas, ou peu; mais si on le frotte dans toutes ses parties avec une petite quantité de vinaigre ou d'une dissolution concentrée de verdet, il acquiert un commencement d'oxydation qui le rend plus apte à être attaqué par l'acide acétique; il se produit dans cette circonstance. un véritable phénomène de propagation, dont on retrouve plusieurs exemples dans les réactions chimiques. Les lames de cuivre, avant d'être employées, sont placées dans des caisses et chauffées jusqu'à ce qu'on ne puisse plus y tenir la main.
Le marc fourni, par les vignerons doit provenir de raisin de bonne qualité; on ne peut l'employer qu'après lui avoir fait subir la fermentation acétique. Pour cela; on le met, sans le fouler, dans des tonneaux placés dans un endroit sec et aéré; on bouche, puis on abandonne au repos; au bout de quelques jours, la matière s'échauffe et développe l'odeur propre au vinaigre.
Comme de la bonne préparation du marc dépend en partie le succès de l'opération, quelques fabricants l'essayent avant de l'employer : ils couchent dans la masse en fermentation une lame de cuivre préparée comme nous l'avons dit; après vingt-quatre heures de séjour, si sa surface est couverte uniformément de vert de gris, on commence la mise en marc ; si au contraire on remarque des gouttes d'eau sur les lames, on dit que le cuivre sue; on remet alors l'opération au lendemain.
Dans des vases d'argile appelés oulas, dans des tonneaux de bois coupés par le milieu et percés de trous de distance en distance, ou bien dans des fosses construites en briques, on stratifie des lames de cuivre avec le marc; on en fait ainsi plusieurs couches, dont l'inférieure et la supérieure sont formées par le marc; on bouche, soit avec des couvercles, soit avec des planches, et on abandonne le tout au repos.
Au bout d'une semaine, on ouvre les appareils et on examine la couleur du marc; s'il a prie une teinte blanche, c'est une preuve que l'opération est achevée; dans le cas contraire, on replace les couvercles, et on attend.
Le temps nécessaire à cette fabrication est très variable; la richesse du marc en principes spiritueux, la température de l'atmosphère, sont autant de circonstances qui accélèrent la formation du sel de cuivre.
Les lames de cuivre sont enlevées, puis exposées à l'air, pendant deux ou trois heures, dans des paniers ; on les porte dans une étuve chauffée à 25 ou 30 °, et on les trempe dans de l'eau froide; on les remet en place, et tous les quatre ou cinq jours on répète l'immersion. Cette opération s'exécute quatre, cinq, six ou sept fois, et comme autrefois on se servait de vin, on disait que le vert-de-gris avait reçu 4, 5, 6 ou 7 vins; par ces diverses immersions, le vert-de-gris gonfle, se nourrit et acquiert une épaisseur de 2 à 3 millimètres environ; on le détache facilement en le raclant avec un couteau. .
Les plaques grattées sont de nouveau placées avec du marc neuf et on continue l'opération, jusqu’à ce quelles soient complètement usées. Quelques fabricants font resservir le marc en y ajoutant du vin et une petite quantité de vinaigre.
Le vert-de-gris gratté se présente sous la forme d'une pâte, qui porte le nom de vert-de-gris frais ou humide; on le pétrit dans de grandes auges en bois, puis on l'introduit dans des sacs de cuir, qu'on expose à l'air et au soleil. Il perd, lorsqu'il est suffisamment desséché, 40 à 50 % de son poids. On reconnaît qu'il ne contient plus d'eau, lorsque la pointe d'un couteau plongée dans le pain à travers le cuir ne peut y pénétrer. On le dit alors à l'épreuve du couteau. La fabrication du vert-de-gris s'exécute, à Montpellier, dans des caves ou dans des chambres très obscures, humides et maintenues, autant que possible, à une température constante.
En Suède, on prépare le vert-de-gris en empilant des lames de cuivre entre des morceaux de drap on de flanelle épaisse, trempés préalablement dans du vinaigre. Le produit qu'on obtient possède une teinte verte très prononcée et se rapproche beaucoup du vert-de-gris dit de Montpellier.

Le vert de gris est un produit à n'utiliser qu'avec précaution car son acidité est un fléau pour les papiers et, dans une moindre mesure, pour le parchemin. De plus il est peu stable et grisaille rapidement. Enfin, il altère nombre d'autre pigments, principalement ceux à base de carbonates (céruse, Azurite...).

Le plus facile pour préparer ses pigments est de partir de végétaux. On peut ainsi obtenir l'indigo, la laque de garance, le noir de campèche, le vert de vessie... Couleurs solides et riches en nuances selon la fabrication.