Le Parchemin était-il tendu au moyen-age ?

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Portrait de shandra
A rejoint: 13/01/2007
Le Parchemin était-il tendu au moyen-age ?

Dixit Cinabre, Gorlim:

A l'époque médiévale, les copistes travaillaient sur des cahiers libres, simplement posés sur l'écritoire.
Peut-on supposer qu'ils le tendaient, préalablement au travail, avant de le mettre en cahier ?

Dixit L’Enlumin’Heure :

Il semble que les parchemins étaient calibrés et tendus avant d'être reliés en cahier, puis assemblés en un seul codex.
Il semble que l'écriture et l'enluminure étaient réalisés à l'étape de simple parchemin "volant" (pages numérotées) puis assemblé en cahier.

Dixit Beate :
 Le travail sur les deux faces empêche toute tension comme on la pratique actuellement.
Je suis un peu parvenue à la conclusion que la pression d'un livre fermé (avec reliure en bois, etc…), et un air certainement moins sec que dans nos appartements modernes, devait faire office de mise sous presse naturelle une fois le livre relié.
J'ai aussi entendu parlé d'un appareillage formé de deux cadres s'emboîtant l'un dans l'autre. L'un des cadres est armé de pointes, l'autre se positionne dessus et le parchemin est pris en sandwich entre les deux. 

Dixit Mapkoc, L’Enlumineur :

Il s'agit sans doute d'un "stirator" très en vogue chez les aquarellistes aux XXe et XIXe. J'ai trouvé dans un manuel des années 1950 qu'on pouvait pincer dans ce cadre aussi bien du papier que du parchemin.
Les dictionnaires modernes ont oublié le "stirator", mais on le trouve dans le Larousse de 1905.

Les anciens tendaient les cahiers sur des cadres qui permettaient de travailler recto-verso. Alphonse Labitte cite dans l'art de l'Enluminure l'emploi de stirator et décrit la manière de tendre le parchemin.

Les anciens travaillaient sur des cahiers qui semblent non tendus, seulement la peau bien séchée sur cadre est mise quelques temps sous presse (voir Diderot et d'Alemebert). Elle reste donc plus plate seulement après quelques temps elle gondole toujours un peu naturellement.

Je ne suis pas sûr que l'iconographie soit tout à fait exacte, lorsque l'on voit un copiste avec un outil d'écriture en main, sachant que la plume d'oie était souvent ébarbée comment affirmer qu'il s'agit d'une plume et non d'un calame en roseau, couramment utilisé pour des lettres plus grandes ?

Dixit Zack :

J’ai vu un document du Musée de la Renaissance, à Ecouen, sur le parchemin, qui montre que la peau était tendue à l'aide de chevilles placées dans de petites fentes tout autour de la peau.

Le stirator

Ce cadre de bois en deux parties encastrables a été utilisé par les enlumineurs pour tendre une feuille de parchemin de manière à pouvoir écrire et dessiner des deux côtés.

Il fallait évidemment tout un ensemble de stirators selon les formats requis. On devait aussi pouvoir glisser dessous, à l'intérieur du cadre, une plaque dure, en marbre par exemple, de manière à pouvoir brunir de l'or sur une surface ferme.

(Larousse 1905)