bleu azur et lames d'argent

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Portrait de shandra
A rejoint: 13/01/2007
bleu azur et lames d'argent


Dame Chlodyne :

Voici les recettes à peu prêt traduites :
Autre procédé pour faire de l’azur : dans une
nouvelle oulle « ollam novam, que nunquam in opus fuerit », on met des lames d’argent pures ; l’oulle bien fermée est profondément mise dans du raisin qui est la projection du pressoir « in vindemia que est projecta de torculari ». On laisse l’oulle pendant quinze jours, « bene serva usque ad diem trigesimum quintum » puis on l’ouvre et recueille les efflorescences des lames dans un vase émaillé, « nitido vase ».( tiré du liber diversarum artium de montpellier (cote 277))

Pour faire fin azur :  dans une oulle nouvelle « olla nova » bien fermée avec une tuile « cooperiatur bene cum tegula », on met des lames d’argent pures et l’on enfouis l’oule dans la peau de raisin « vinariis uvarum » pendant 40 jours. On râpe les efflorescences qui sont sur les plaques, ce qui est du fin azur.( 3ème  recette des experimenta de Le Bègue publiées par Merrifield)

De même [pour faire de l’azur] : prendre une oulle neuve glaçurée « ollam novam incretatam » ou un vase d’argent « vas argenti » dans lequel on met des lames d’argent pur autant que l’on veut. On frotte avec du bon vin et on met le vase dans du raisin « viaziarum » pendant 36 ou 40 jours.  On recueille ensuite les efflorescences qu’il y a sur les plaques . De la même manière on fait le vert-de-gris avec des lames de fer ou dans un vase de cuivre « vasis eris ». (6ème  recettes des experimenta de Le Bègue publiées par Merrifield)

Pour faire de l’azur : prendre des lames d’argent pur autant que tu veux. Dans un pot de terre émaillé avec un couvercle « vas terre vitriatum cum coperculo » et dans la partie inférieure du dit couvercle il y a au milieu un petit crochet auquel on suspend les lames avec un fil d’argent « in parte inferiori dicti coperculi sit unus uncinellus in medio cui suspendas laminas suprascriptas cum filo argenteo » sans qu’elles se touchent entre elles. On met du très fort vinaigre dans le vase de manière à ce que ça ne touche pas les lames mais que ce soit proche d’elles. On obture bien le couvercle avec un morceau de lin et de la colle « optura bene dictum coperculum cum pecia lini et cum cola ». On enfuis le vase dans le fumier pendant 15 jours ou à feu doux « ad ignem temperatum » ou sous du raisin « sub vinariis ». On peut ensuite racler l’azur que l’on trouve sur les lames et si l’on en veut plus on refait le procédé. (7ème recette des experimenta de Le Bègue publiées par Merrifield) 

J'ai lu que la recette ne marche pas avec de l'argent pur comme semble le dire les recettes mais il faut un peu de cuivre avec pour donner la teinte.

 

 

Cinabre :

Je suis surpris que l'on utilise de l'argent pour faire de l'azur, je connaissais ces recettes avec du cuivre et non de l'argent. Mais comme tu le dis, l'argent médiéval était impur et devait contenir beaucoup de cuivre.
Cependant, l'acétate d'argent est photosensible et grisaille à la lumière, le mélange de couleur devait ressembler à un bleu éteint.

On peut penser que l'élément important c'est le cuivre. Ce qui reste à confirmer mais dont je suis quasi sûr.
la fabrication du vert de gris se réalisait souvent dans les régions viticoles car le raisin avait deux usages.
Le jus, qui donnait du vin et ensuite du vinaigre.
Le marc qui servait de "compost" ou de fumier et qui permettait de "cuire" les pots à une température régulière et sans doute assez élevée (70°C)
On remarque que l'on utilise dans les recettes tantôt un pot hermétiquement fermé, tantôt un pot simplement fermé par une tuile.
Dans chaque cas le produit obtenu est différent.
Dans un pot étanche, on obtient un acétate de cuivre vert foncé.
Dans un pot non étanche, on obtient un vert de gris d'une couleur tirant sur le bleu-vert.
A noter que l'on peut passer du premier au second par simple exposition à l'air.
Ces deux produits sont des pigments, plutôt toxiques mais le second moins que le premier.