nouvelle méthode de datation des manuscrits

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Portrait de gorlim
A rejoint: 09/06/2004
Ville: tra la perduta gente
nouvelle méthode de datation des manuscrits

article de futura-sciences

dommage que ce soit une méthode destructive, j'imagine que pas mal de conservateurs seront opposés à ce genre d'opération.
Ca ouvre néanmoins des perspectives très intéressantes non seulement pour la datation mais aussi pour une cartographie des trajets faits par les parchemins

Portrait de AlexandreSmirnov
A rejoint: 03/12/2008
Ville: Strasbourg

Moi, comme un biologiste moléculaire (et un presque-docteur:), je suis très sceptique.
Premier, l\'ADN des échantillons si anciens est toujours (!) très dégradé et souvent inexploitable, même l\'ADN de provenance beaucoup plus récente (2-3 siècles) nécessite des conditions TRES particulières pour rester intègre jusqu\'à nos jours. Le parchemin subit de multiples traitements de préparation qui, de point de vue du biologiste, tuent la peau comme un objet biologique (même si ce n\'est pas des Heures Noires:). Seules les peaux bien sèches peuvent être considérées comme \'prometteuses\', mais le séchage n\'est jamais super pour les codexes. Alors, une telle situation est peu probable.
Deuxième, l\'analyse d\'ADN ne permet nullement à déterminer l\'âge d\'un manuscrit. Tous ce qu\'il pourrait nous communiquer (s\'il est vraiment possible!) est l\'identité biologique d\'animal dont la peau a été utilisée pour la fabrication de parchemin. Le nom de l\'espèce, c\'est tout! Donc, toute information sur l\'âge dans ce cas-là ne serait qu\'indirecte et de valeur assez douteuse (si l\'on déciderait à dédier l\'âge du manuscrit des données sur les animaux élevés dans telle où telle région à telle où telle époque). Donc, pas de révolution dans la chronologie!
Je dois noter que ce n\'est pas une technique vraiment destructive: on n\'a besoin que de toute petite quantité(même microscopique!) de parchemin pour faire une PCR. Mais ça change quoi?

Portrait de gorlim
A rejoint: 09/06/2004
Ville: tra la perduta gente

oui, j'ai bien conscience qu'il ne faut qu'un fragment mais quand on sait que certains conservateurs refusent des micro-prélèvements de pigments pour identification, je doute qu'ils autorisent de multiples prélèvements

Portrait de behydezell
A rejoint: 07/09/2005
Ville: Vertaw Bretagne

faut surtout laisser une part de mystère qui est aussi la part du rêve !

Portrait de lamassue
A rejoint: 08/01/2009
Ville: Hongrie

Je pense aussi, que tout d'abord ils peuvent identifier les animaux, dont la peau a été utilisée, et les éventuels "relations de famille" possibles entre les pages des différentes oeuvres .

Donc il est tres possible que le Chronicum Pictum soit le cousin de quelques écritures médiévales Italiennes, qui, a leur tour sont les grands-parents de plusieurs parchemins en France... ou vice versa... Donc les calligraphes pourront commencer de réaliser des arbres généalogiques illuminés des codex aussi, et non seulement des familles des nobles. Hum... Des nouveaux marchés commencent de s'ouvrir...!

D'un certain facon ca peut donner des bases de données statistiques intéressantes, pour avoir des nouvelles "trajets d'approche" a croiser avec les résultats existants. Mais je m'attendrais pas a beaucoup de précision pour la datation des textes, car par moment il peut exister quand meme une période considérable entre la date de fabrication du parchemin, et son utilisation, n'est-ce pas? Surtout dans le cas des "codex réutilisés"...

Pour ce qui concerne la prise des échantillons, est-ce qu'il faut pas faire l'enlevement dans la "profondeur" de la feuille, pour pas retrouver l'ADN de la moustique qui s'est fait tapée par un enlumineur énervé...?

lamassue

Portrait de AlexandreSmirnov
A rejoint: 03/12/2008
Ville: Strasbourg

lamassue a écrit:
Pour ce qui concerne la prise des échantillons, est-ce qu'il faut pas faire l'enlevement dans la "profondeur" de la feuille, pour pas retrouver l'ADN de la moustique qui s'est fait tapée par un enlumineur énervé...?

lamassue

Ca c'est bien noté:)
Je suis absolument d'accord sur la question d'utilisation des parchemins beaucoup antérieurs à la date de création d'un codex - ça complique les choses. Les arbres généalogique - c'est, à mon avis, peu probable. En plus, quel genre de parenté on voudrait trouver ainsi? Je comprends bien la parenté des textes où des images, mais la relation entre les peaux...

Portrait de lamassue
A rejoint: 08/01/2009
Ville: Hongrie

AlexandreSmirnov a écrit:

Les arbres généalogique - c'est, à mon avis, peu probable. En plus, quel genre de parenté on voudrait trouver ainsi? Je comprends bien la parenté des textes où des images, mais la relation entre les peaux...

Au contraire! 1 codex = disons 40-50 animaux. Tu peut imaginer, quel arbre énorme tu peux calligraphier avec toute sa famille possible???? (apres avoir les retrouvés ) Ca risque de faire beaucoup de chiffre d'affaire

Portrait de AlexandreSmirnov
A rejoint: 03/12/2008
Ville: Strasbourg

Ah oui, d'accord:)) Mais ça c'est une tâche un petit peut plus compliquée, qui nécessite l'analyse d'une douzaine de gènes au minimum. Si ça va aller, ce serait vraiment un outil très puissant pour lier des manuscrits exécutés sur les parchemins issues du même fournisseur des peaux. Ce serait une marque analogique à des filigranes utilisés pour indiquer le producteur du papier. Mais pour que le système marche, il faut que (i) l'ADN soit en très bon état (ce que je doute beaucoup), et (ii) la base de données soit vraiment grande et représentative. A telles conditions le projet pourrait survivre et même être très utile!