Cire à cacheter

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Portrait de Cinabre
A rejoint: 14/02/2004
Ville: Cholet
Cire à cacheter

Voici, tirée d'un vieux livre de chimie, la méthode de :

FABRICATION DE LA CIRE A CACHETER.

La cire à cacheter qu'on connaît dans le commerce sous le nom de cire d'Espagne n'est autre chose qu'une combinaison de substances résineuses qu'on colore au moyen d'une substance quelconque, mais plus généralement avec un oxyde métallique. Celle qui est de bonne qualité s'enflamme facilement, ne répand qu'une fumée légère et coule peu.

Les premiers échantillons de cire nous sont venus de l'Inde et se préparaient avec la gomme-laque en Bâton et du vermillon de Chine. Ils furent apportés à Venise d'où ils passèrent en Portugal, puis en Espagne et enfin en France; mais l'Espagne s'empara de cette branche d'industrie, elle fit un grand commerce de ce produit nouveau : c'est par suite de cette circonstance qu'il prit le nom sous lequel on le désigne encore aujourd'hui, cire d'Espagne.

La cire fabriquée, dans les Indes Orientales avait conservé sa supériorité marquée sur celles qui se préparent en Europe : en voici la raison. Les Indiens liquéfient la gomme-laque en bâton, pour la purifier et la débarrasser de toutes les matières hétérogènes qu'elle contient, avant de la livrer au commerce. Ils ajoutent à la masse, pendant qu'elle est liquide, du vermillon de Chine, titi peu de térébenthine, cl forment ainsi Lune cire excellente. Les Européens au contraire rie reçoivent la gomme-laque que lorsqu'elle a subi cette première fusion; ils sont obligés de lui en faire éprouver une seconde, qui lui donne ce degré de sécheresse qui la rend cassante et difficile à fondre. On peut s'en convaincre en opérant sur de la laque en bâtons : on obtient alors un produit aussi beau que celui qui nous vient de. l'Inde.

Les fabricants qui n'emploient que de la gomme-laque en feuilles, lui rendent le moelleux qu'elle a perdu par la fusion, en l'étendant d'une certaine quantité de térébenthine.

Avant de passer à la manipulation de la cire, i1 est nécessaire d'indiquer les caractères auxquels on reconnaît que les matières premières sont de bonne qualité.

Gomme-laque: le commerce en compte trois qualités:

première qualité; blonde, bien fondante, ne laissant pas de résidu après la combustion.
Deuxième qualité; un peu plus brune et plus épaisse; fondant bien au feu et ne laissant pas de résidu après la combustion.
Troisième qualité; brune rougeâtre, peu fusible et brûlant avec résidu.
Les deux premières qualités servent à la fabrication des cires colorées. La troisième n'est employée que pour les noires : il faudrait trop de matières colorantes pour masquer sa couleur.

Térébenthine. On en compte aussi dans le commerce trois qualités différentes
La première: celle de Venise; limpide, exhale une odeur de citron.
La deuxième: celle de Suisse; claire, blanchâtre, inodore.
La troisième: celle de France, de Bordeaux; blanche, épaisse, d'une odeur forte et désagréable.

Cinabre. II y en a aussi trois qualités.
Première qualité : cinabre ou vermillon de Chine; carmin, d'un rouge vif.
Deuxième qualité: cinabre d'Allemagne; de couleur rouge orangé.
Troisième qualité: cinabre de France; tenant le milieu entre celui de Chine et d'Allemagne, noircissant quelquefois au feu.

Fabrication de la cire, première qualité.
Quatre parties de gomme-laque, première qualité; une de térébenthine de Venise, trois de vermillon de Chine.
Ou en poids,
Quatre onces de gomme-laque, une de térébenthine, trois de cinabre.

On place la chaudière au-dessus d'une braisière remplie de charbons allumés, on fait fondre la laque avec précaution, et on verse de la térébenthine; on agite avec deux bâtons ronds dont on tient un à chaque main, et on ajoute le vermillon en remuant toujours fortement. Les substances bien incorporées, on les moule en bâtons. Il y a deux espèces de bâtons de cire à cacheter les uns sont ronds ou cannelés; les autres ovales, unis ou cannelés, couverts sur une face de dessins, d'ornements, etc.

S'il veut. faire des bâtons rond : l'ouvrier pose une certaine quantité de matière figée, mais encore molle; il en prend suffisamment pour faire six bâtons, c'est-à-dire une demi-livre si celle-ci doit se composer de douze bâtons, et un quart si elle doit en contenir vingt quatre, etc. II opère sur une forte table, percée dans son milieu (l'un grand trou, au-dessous duquel est placée à une hauteur convenable une cassolette pleine de braise, avec une plaque de marbre bien unie et bien dressée au-dessus. L'ouvrier pose sa composition sur cette table, qui peut du reste être en noyer ou tout autre bois dur. Il l'allonge d'abord avec les mains, et aussi également qu'il peut; quand il l'a étirée à environ la longueur de six bâtons, il l'arrondit à l'aide d'un polissoir, et achève de lui donner les dimensions qu'elle doit avoir. Il passe alors la composition à un autre ouvrier qui lui donne un nouveau coup de polissoire. La polissoire du premier n'est qu'une planche rectangulaire, de bois dur, bien unie au-dessous et surmontée d'une poignée. Celle (lu second peut aussi être en bois, mais elle vaut mieux quand elle est en marbre. II roule le bâton dessous jusqu'à ce qu'il soit froid, après quoi il le polit, c'est-à-dire qu'il lui donne du brillant au moyen du feu. Il y procède à l'aide d'un fourneau qui se compose de trois pièces : r° d'une braisière en fonte de fer et à trois pieds; 2° de deux réchauds à grilles verticales qui se regardent entre elles. On charge le fourneau, on allume et on place les réchauds l'un devant l'autre sur les cendres de la braisière, et à une distance de deux à trois pouces, les grilles en regard.

Tout étant ainsi disposé, l'ouvrier assis eu face du fourneau passe les bâtons entre les grilles, en les tournant sans cesse d'un bout à l'autre, jusqu'à ce qu'ils aient pris le brillant. Il laisse suffisamment refroidir pour que les doigts n'altèrent pas le poli, mais pas assez pour que la cire devienne froide et cassante. Il marque ensuite profondément la longueur du bâton avec un compas ou moule, instrument dont les deux parties en saillies sont tranchantes, afin de casser sans difficulté lorsque le tout est refroidi.

Lorsqu'on veut que les bâtons soient carrés, on les aplatit pendant que la cire est encore molle. Si on veut les marquer, on les approche par leurs bouts de la flamme d'une lampe ou d'une bougie, mais sans les mettre en contact; et quand le bout est assez mou, on y applique un cachet qui donne d'un côté le numéro de la cire, et de l'autre la marque des fabricants.
Les bâtons ovales, cannelés ou ronds, se font dans des moules. On coule la pâte liquide, on laisse refroidir , puis on, place le bâton dans d'autres moules en acier poli, et chargés des empreintes de dessins dont le fabricant veut l'orner.

Les cires à cacheter de couleur, c'est-à-dire celles qui ne sont pas rouges, se font de la même manière. La composition est la même , au cinabre près, qu'on remplace parla couleur qu'on veut obtenir.

On emploie pour les cires marbrées un procédé analogue à celui dont on fait usage dans la fabrication du papier marbré. On a plusieurs chaudières, dans chacune desquelles est une composition colorée du ton et de la couleur qu'on veut donner à la marbrure. On ' verse ces cires dans la chaudière qui contient celle qui doit faire; le fond, et on agite fortement avec des bâtons. Elles se mêlent, mais d'une manière irrégulière, et forment une marbrure qui n'est pas désagréable.

La cire d'or se prépare; comme la cire de couleur quand elle cesse d'être fluide. On ajoute de la poudre d'or et on agite vivement. Les paillettes se mêlent, s'incorporent avec la pâte et produisent un effet agréable. On entend par poudre d'or une espèce de cuivre qui porte le nom. d'or de chat, et qu'on, emploie pour dessécher l'encre.

La cire parfumée ne diffère de la cire ordinaire que par la substance odorante qu'on mêle à la composition. On saisit l'instant où elle se fige, on ajoute l'essence, et l'on brasse afin de la répandre uniformément dans toute la masse.

La fabrication de la cire noire ne diffère de celle de la rouge qu'en ce qu'on substitue au cinabre du noir fumée de Paris, qui est plus ou moins gras que celui d'Allemagne. On fait usage de la gomme-laque de troisième qualité et de la térébenthine de Suisse.

Dans les cires de basse qualité, on diminue la proportion de gomme-laque et on augmente d'autant celle des résines; aussi arrive-t-il souvent qu'elles ne tiennent point, parce que c'est la première de ces substances seules qui produit l'adhésion. On affaiblit aussi la proportion des couleurs fanes qui sont rares; on les remplace par des matières colorantes plus communes et on revêt celles-ci d'une espèce de couverture qui les masque. On les dore d'abord, ensuite on les saupoudre avec de la belle cire à cacheter, et on passe le bâton entre .les grilles. La matière se fond, se polit et donne au bâton un aspect qui trompe l’œil.

Cire à sceller. C'est une cire molle qui s'applique par la simple compression et n'exige ni feu ni lumière. Elle sert à apposer les scellés, etc., et se compose de quatre parties de cire blanche, une de térébenthine de Venise, cinabre en quantité suffisante pour donner la couleur.
Elle se travaille comme la cire à cacheter; et semoule en bâtons ronds. Elle est ordinairement colorée en rouge; on peut lui donner une autre nuance en remplaçant le cinabre par quelque oxyde métallique.

excl.gif Attention, il y a un risque important d'inflammation de la masse résineuse lors de l'ajout de thérébenthine à la gomme-laque chaude. Travaillez donc en petite quantité et prévoyez un moyen pour couvrir un début d'incendie (couvercle ou serpillière humide).